Connaissez-vous OpenLiteSpeed, LSCache et CyberPanel ? Non ? Alors, si vous voulez booster les performances de votre site — c'est le moment de découvrir ces trois outils…

Cet article prend 16 minutes à lire et comporte 3864 mots.

Êtes-vous à la recherche de perfor­mances pour votre site web ? Soyons honnêtes, nous courons tous après la perfor­mance. Alors soit vous avez accès à une solu­tion perfor­mante, soit vous êtes à la recherche d’une solu­tion pour boos­ter les perfor­mances de votre site.

Justement, si je vous demande quel serveur web utilise votre héber­geur, vous n’en avez peut-être pas la moindre idée…

Après tout, ce qui vous inté­resse, ce sont les perfor­mances. Oui mais voilà, le serveur web est – avec les ressources du serveur (dédié ou VPS) – un des éléments les plus impor­tants dans la quête de notre Saint Graal.

Avant d’en­trer dans le vif du sujet, savez-vous ce qu’est un serveur web ? 

Lorsque j’ai posé la ques­tion, j’ai eu des réponses telles que « OVH » ou « Infomaniak » 😭 Infomaniak et OVH sont des héber­geurs propo­sant donc d’ac­cueillir vos données sur des serveurs web physiques sur lesquels est installé un logi­ciel égale­ment appelé serveur web… et c’est ce dernier serveur qui nous inté­resse aujourd’hui.

Pour faire court, le serveur web est le logi­ciel qui gère l’ac­cès à votre site depuis un navi­ga­teur. Il sert à inter­pré­ter la demande de l’in­ter­naute pour lui renvoyer les données deman­dées, si elles sont effec­ti­ve­ment stockées dans un espace acces­sible, ou pour indi­quer qu’il ne peut pas four­nir ces données à un moment donné (ce qui donne les pages d’er­reur [ 404 / 410 / 500 / 503… ] que vous avez déjà certai­ne­ment rencontrées).

Alors ? Quel est le serveur web proposé par votre hébergeur ?

Encore aujourd’­hui, d’après W3Techs, le serveur web le plus utilisé reste Apache, suivi de (très) près par Nginx. En troi­sième posi­tion nous trou­vons Clouflare, qui tourne en fait sur une version custo­mi­sée de Nginx. LiteSpeed n’est pas dans le trio de tête, il arrive en quatrième posi­tion avec un peu plus de 8% d’uti­li­sa­tion dans les serveurs web iden­ti­fiés. Mais alors qu’Apache a perdu plus de 6% de parts du marché en un an, LiteSpeed a lui, gagné un peu plus de 1%. 

Et voilà notre chal­len­ger – OpenLiteSpeed – en fait version open source de LiteSpeed. Moins connu, mais c’est quand même le serveur utilisé par O2switch et PlanetHoster, deux héber­geurs très performants.

Nous allons nous inté­res­ser à un envi­ron­ne­ment open source complet : un serveur web (OpenLiteSpeed), un cache inté­gré au serveur web (LiteSpeed Cache) et une inter­face d’ad­mi­nis­tra­tion (CyberPanel), à instal­ler sur un VPS.

Mais avant de voir cet envi­ron­ne­ment, il va falloir…

Choisir son VPS

Pas besoin d’une recherche Google pour devi­ner que le terme VPS va mettre en avant les VPS OVH. 

OVH, Ikoula, LWS, Hostinger et Ionos vont sans surprise domi­ner cette première page. Et ces héber­geurs satis­fe­ront la plupart de vos besoins. Le VPS à 5€ HT d’OVH est correct, c’est même un des meilleurs choix (de raison) en entrée de gamme avec une bande passante de plus du double des offres concur­rentes. J’ai effec­tué des tests avec leur offre Starter, encore moins chère mais avec une bande passante réduite, et les résul­tats n’étaient, globa­le­ment, pas si mauvais que ça…

Mais… parce que vous le savez, il y a toujours un mais – c’est un autre héber­geur (mon héber­geur) que je vais vous conseiller : Contabo. Pour un centime moins cher, vous aurez une confi­gu­ra­tion autre­ment plus musclée : 4 vCores, 8Go de RAM, SSD de 200Go et 200Mbps de bande passante. Contre, rappe­lons le quand même, 1 vCore, 2Go de RAM, 40Go d’es­pace disque et 250Mbps de bande passante chez OVH. Et les data­cen­ters Contabo sont eux aussi en Europe, en Allemagne pour être exact. Pour la protec­tion des données et la confor­mité au RGPD, diffi­cile de faire mieux.

OpenLiteSpeed : le serveur rapide, léger, performant et gratuit

Oui mais, le chal­len­ger, c’est LiteSpeed, pas OpenLiteSpeed… vous l’avez certai­ne­ment compris, le second est la version open source du premier. Et dans les headers de votre page, OpenLiteSpeed renvoie Server: LiteSpeed. Ce qui rend impos­sible le calcul de la part de chacun de ces deux serveurs dans les statistiques.

Il y a bien quelques diffé­rences entre les deux, mais ce sont des diffé­rences mineures :

  • le cache serveur LiteSpeed est plus puissant
  • Litespeed est 100% compa­tible avec Apache, OpenLiteSpeed quant à lui se « contente » de la compa­ti­bi­lité avec les règles de réécri­ture (rewrite rules)
  • Les modi­fi­ca­tions requièrent un redé­mar­rage d’OpenLiteSpeed, Quand LiteSpeed les détecte et les applique à chaud
  • OpenLiteSpeed LiteSpeed peut être inté­gré aux inter­faces de gestion web DirectAdmin, CyberPanel et aaPanel – LiteSpeed s’in­tègre égale­ment à cPanel et à Plesk

Mais pour­quoi s’in­té­res­ser à un serveur web à la distri­bu­tion plutôt confi­den­tielle, alors que Nginx fait très bien l’af­faire, seul ou couplé à Apache ?

Tout simple­ment parce que la force d’OpenLiteSpeed est ailleurs 😉 

  • Avec Nginx, Caddy et Cloudflare Server (qui est une version modi­fiée de Nginx, ne l’ou­blions pas), LiteSpeed fait partie des très (trop) rares serveurs web à propo­ser le proto­cole HTTP/3. Même si ce proto­cole n’est pas encore massi­ve­ment adopté côté navi­ga­teurs, il est supporté par Chrome, Firefox et même par Edge !
  • Le cache serveur d’OpenLiteSpeed est très perfor­mant – et grâce à l’ex­ten­sion LiteSpeed Cache (dans le dépôt WordPress, nous la verrons plus loin dans l’ar­ticle) les perfor­mances sont au moins égales à celles que l’on obtient avec WP Rocket. En aparté ce cache intègre le bali­sage ESI (utilisé par Varnish Cache, Symfony, Fastly ou encore Akamai).
  • OpenLiteSpeed dispose d’une inter­face web native « convi­viale » pour effec­tuer toutes les opéra­tions que vous effec­tue­riez en ligne de commande pour Nginx ou Apache – nous revien­drons sur cette inter­face dans l’article.

Je vous en parlais à l’ins­tant, juste­ment, de…

L’interface de gestion d’OpenLiteSpeed

C’est un plus et non des moindres, vous n’avez pas besoin d’ef­fec­tuer la confi­gu­ra­tion de vos sites, vhosts, liste­ners… en mode ligne de commande depuis un termi­nal tel que PuTTY. Il suffit de lancer une console web sur le port 7080 : https:[IP du serveur]:7080. Enfin, si vous êtes accros à la ligne de commande… rien ne vous empêche de l’utiliser.

L’intérêt de cette inter­face est moins flagrant lorsqu’OpenLiteSpeed est coupé avec CyberPanel, mais au moins pour visua­li­ser certains réglages ou amélio­rer la sécu­rité de votre site, c’est sans commune mesure avec la ligne de commande…

Interface de gestion d'OpenLiteSpeed
Interface de gestion d’OpenLiteSpeed

Tout devient d’un coup bien plus simple… même si, avouons-le, il faut quelques connais­sances de base en admi­nis­tra­tion de site pour mener à bien l’ajout d’un site web.

LiteSpeed Cache : le cache serveur contrôlé depuis WordPress

Contrairement aux exten­sions géné­ra­listes telles que WP Rocket, WP Super Cache ou W3 Total Cache, l’ex­ten­sion LiteSpeed Cache est dédiée à OpenLiteSpeed (et à LiteSpeed). L’extension inter­agit direc­te­ment avec le serveur, ce qui lui permet d’op­ti­mi­ser au maxi­mum les perfor­mances de votre site.

J’ai effec­tué deux instal­la­tions de base de WordPress : une avec OpenLiteSpeed et LS Cache et une clas­sique avec Nginx / Apache, un cache Nginx et WP Rocket. J’ai ajouté une image, et tenté de régler les deux exten­sions de manière simi­laire (compres­sion HTML / CSS / javas­cript, CSS critique et javas­cript en mode différé).

Sans cache, la page pèse 143Ko et génère 11 requêtes. Avec WP Rocket, elle ne pèse plus « que » 138Ko et génère 9 requêtes. C’est déjà mieux. Mais avec LiteSpeed Cache, elle tombe à « seule­ment » 118Ko et génère toujours 9 requêtes. En servant la page comme « statique » on descend même à 94Ko tout en géné­rant une requête de plus, soit 10 requêtes. De quoi dire que LiteSpeed Cache est perfor­mant, en plus d’être gratuit.

Le tableau de bord de l’ex­ten­sion est inté­res­sant quand on pense Core Web Vitals – les signaux web essen­tiels mis en avant par Google pour le classement.

LS Cache - Tableau de bord
LS Cache – Tableau de bord

En 1, les indi­ca­teurs essen­tiels : les images et le CSS critique – l’es­sen­tiel pour un char­ge­ment rapide de la page « visible ».

En 2, le temps de char­ge­ment et le score PageSpeed – deux indi­ca­teurs majeurs des Web Core Vitals.

En 3 et 4, les autres indi­ca­teurs. Tout ce qui est généré via QUIC.cloud, le CDN OpenLiteSpeed / LiteSpeed.

Configurer LiteSpeed Cache

Si je vous dit que l’ex­ten­sion est utili­sable telle quelle, out of the box… malheu­reu­se­ment non, ce n’est pas le cas. Mais pour autant, pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour la configurer. 

Si son inter­face est moins moderne que celle de WP Rocket par exemple, elle est plus convi­viale que celle de bien des exten­sions de cache présentes dans le dépôt WordPress, vu qu’on n’est pas agressé en perma­nence par des propo­si­tions de mise à jour vers une version Pro payante. Et pour cause, il n’y a pas de version payante.

Voici la page pour les réglages généraux :

Options générales - LiteSpeed Cache
Options géné­rales – LiteSpeed Cache

Sobre, et préré­glée. Vérifiez quand même juste après avoir activé l’ex­ten­sion, cela ne vous pren­dra que quelques secondes et vous ajus­te­rez éven­tuel­le­ment en fonc­tion de vos besoins.

Toutes les autres réglages sont acces­sibles via le menu laté­ral gauche de l’ad­mi­nis­tra­tion WordPress, à l’en­trée LiteSpeed Cache. Vous allez devoir passer par chaque onglet pour régler chaque para­mètre à grands coups de clics. 5 minutes chrono, dans le pire des cas.

En aparté, LiteSpeed a égale­ment déve­loppé des exten­sions de cache pour Magento, Joomla, Prestashop, OpenCart, Drupal 8, XenForo, MediaWiki, Laravel, CS.Cart et Shopware… autre­ment dit, pour chacun de ces frame­works et appli­ca­tifs, vous tire­rez plei­ne­ment parti de la puis­sance d’OpenLiteSpeed. Et vous avez aussi accès à une API, ce qui fait que vous pouvez égale­ment implé­men­ter une solu­tion pour un tout autre environnement.

QUIC.cloud – le CDN HTTP/3 dédié à LiteSpeed & OpenLiteSpeed

À l’ins­tar de Cloudflare, QUIC.cloud implé­mente le proto­cole HTTP/3. Difficile de faire autre­ment, pour le CDN dédié à LiteSpeed et à OpenLiteSpeed. Le tableau de bord est très simple, il y a l’es­sen­tiel et rien d’autre. Son utili­sa­tion pour un site WordPress est gratuite, pour l’op­ti­mi­sa­tion des images, pour la géné­ra­tion de CSS critiques et pour l’uti­li­sa­tion en tant que CDN. Exit les exten­sions d’op­ti­mi­sa­tion d’images, QUIC.cloud gère très bien tout seul.

QUIC.cloud CDN
QUIC.cloud CDN

Activé en deux clics depuis l’in­ter­face de gestion du cache dans WordPress, il ne demande que peu de réglages pour être fonc­tion­nel. Vous n’au­rez pas à passer d’écran en écran pour figno­ler votre installation.

aaPanel, le panneau de contrôle alternatif

Livré brut de décof­frage, aaPanel est tout aussi inté­res­sant et gratuit que CyberPanel, que nous verrons ensuite, mais il ne gère pas nati­ve­ment les DNS, et il demande à être confi­guré de part en part une fois installé

Le défaut majeur, c’est qu’il est plus prévu pour une utili­sa­tion sur CentOS que sur Debian / Ubuntu (des modules essen­tiels ne fonc­tionnent que dans un envi­ron­ne­ment CentOS). Je n’ai rien contre CentOS, qui est une excel­lente distri­bu­tion, mais elle est « péri­mée », la main­te­nance n’est plus assu­rée, et je ne la conseille donc pas, des failles de sécu­rité pour­raient appa­raître (si ce n’est déjà le cas) et ruiner tous vos efforts en moins de temps qu’il n’en faut pour l’écrire. Vous pouvez l’uti­li­ser sur Debian / Ubuntu, mais certains outils (tels que le serveur de DNS) ne fonc­tion­ne­ront pas.

aaPanel - Panneau de contrôle
aaPanel – Panneau de contrôle

Vous aurez à instal­ler tout, du serveur web (avec au choix, Apache, Nginx ou OpenliteSpeed), le serveur de bases de données (MySQL 5.x, 8.0 ou MariaDB), le serveurFTP, PHP… enfin, vous avez un « conte­neur », libre à vous de le confi­gu­rer en fonc­tion de vos besoins.

Pour ma part, j’aime bien cette approche mini­ma­liste : vous n’êtes pas encom­brés par tout un ensemble d’élé­ments qui ne vous servent pas. Par contre, l’in­té­gra­tion d’OpenLiteSpeed n’est pas aussi pous­sée que dans CyberPanel : vous allez devoir mettre les mains dans le cambouis, aller modi­fier des fichiers de confi­gu­ra­tion sur le serveur en mode SSH / CLI. Dommage…

CyberPanel : le panneau de contrôle d’OpenLiteSpeed et consorts

En fait, CyberPanel est l’un des trois panneaux de contrôle compa­tibles OpenLiteSpeed. Les autres, ce sont DirectAdmin (mais en plus d’être payant, il semble ne pas être aussi fine­ment confi­gu­rable – de quoi dire « il y a moins bien, mais c’est plus cher… »), et aaPanel.

L’interface est agréable, même si, il faut le recon­naître, elle n’est pas aussi convi­viale que celle de Plesk par exemple. Disons que l’on se trouve à mi-chemin entre la laideur et l’er­go­no­mie cauche­mar­desque de cPanel et la convi­via­lité de Plesk. Ni belle ni moche, bien au contraire 😉

Cyber Panel - Panneau de contrôle
Cyber Panel – Panneau de contrôle

Créer un site web et le sécu­ri­ser avec Let’s Encrypt est très facile. Vous choi­sis­sez la version de PHP (de 7.2 à 8.0), vous pouvez aussi déci­der de créer un sous-domaine réservé aux emails (mail.votre-domaine.com). Ceci-dit, le SSL proposé pour la créa­tion d’un domaine (ou d’un sous-domaine) n’est pas un wild­card sécu­ri­sant les domaines de niveaux infé­rieurs. Pour chaque sous domaine créé (dont celui réservé aux emails) il va falloir sécu­ri­ser avec Let’s Encrypt.

Création de domaine dans CyberPanel
Création de domaine dans CyberPanel

Cerise sur le gâteau, après avoir créé votre premier domaine, vous pour­rez créer un sous-domaine (via la même inter­face, CyberPanel ne fait pas la diffé­rence, a priori) dédié à l’ac­cès à CyberPanel, en mode HTTPS sécu­risé par un certi­fi­cat Let’s Encrypt. Il suffira, après avoir créé le sous-domaine, d’al­ler, dans le menu laté­ral, à SSL > Nom d’hôte SSL et de géné­rer un certi­fi­cat. Accéder à son panneau de contrôle via https://cyberpanel.mondomaine.com:8090/ c’est quand même plus propre que l’ac­cès via une URL en HTTPS non valide (auto-signé).

L’installateur d’ap­pli­ca­tion est plutôt basique mais s’en sort bien : l’ins­tal­la­tion est propre, avec la dernière version de WordPress, sans ajout aucun, si ce n’est LiteSpeed Cache, mais c’est annoncé dès le départ. Et bien sûr, en anglais, il faudra donc passer par les réglages géné­raux pour avoir une inter­face et des réglages internes (date, heure, messages…) adap­tés à une audience française.

CyberPanel - Installateur d'applications
CyberPanel – Installateur d’applications

J’ai créé le site de démo avec cette interface :

CyberPanel - Installer WordPress
CyberPanel – Installer WordPress

En plus de l’ins­tal­la­teur (qui norma­le­ment, ne devrait pas servir tous les jours), vous trou­ve­rez dans CyberPanel un autre outil beau­coup plus utile si vous gérez une lettre d’in­for­ma­tion : un outil inté­gré de gestion d’email marketing.

Outils pour lettre d'information - CyberPanel
Outils pour lettre d’in­for­ma­tion – CyberPanel

Je ne l’ai pas encore testé, mais ça ne saurait tarder – et si l’es­sai est concluant, je n’en servi­rai proba­ble­ment pour mes lettres d’information.

Les performances d’OpenLiteSpeed avec CyberPanel

J’ai fait poin­ter un sous-domaine vers le serveur pour effec­tuer mes tests. J’ai ensuite migré mon blog pour avoir une base « en condi­tions réelles ». La seule modi­fi­ca­tion appor­tée, c’est le passage de WP Rocket à LiteSpeed Cache. Le résul­tat est sans appel ! Surtout, souvenez-vous, que la confi­gu­ra­tion du VPS de test est bien infé­rieure à celle de mon héber­ge­ment actuel.

Intéressons-nous tout d’abord aux tests GTmetrix : 

Performances Tout sur WordPress avec Nginx + Apache
Performances Tout sur WordPress avec Nginx + Apache
Performances Tout sur WordPress avec OpenLiteSpeed
Performances Tout sur WordPress avec OpenLiteSpeed

Page plus légère (un gain d’un peu plus de 10%), temps de réponse infé­rieur, char­ge­ment plus rapide (gain de 30%), meilleurs Core Web Vitals… tout est dit, je n’ai rien à ajouter.

La sécu­rité n’est pas en reste, vous note­rez le A+ dans le test Qualys / SSL Labs :

Test Qualys SSL Labs
Test Qualys SSL Labs

Alors bien sûr, j’ap­plique ma sauce perso pour obte­nir ce résul­tat, mais si je peux le faire (et quel que soit l’en­vi­ron­ne­ment : Plesk, cPanel, CyberPanel… ), vous pouvez le faire aussi.

Avec mon VPS kimsufi (pour les tests tout au moins), son vCore et ses 2Go de RAM, je passe 450 visites (de la page d’ac­cueil d’un site WordPress de base) en 15 secondes, soit 30 pages servies par seconde. Pas si mal, même si je remarque que les perfor­mances ne sont pas linéaires, en grande partie à cause du serveur, peu puis­sant, avec une bande passante assez faible, et non garan­tie. N’empêche, même en divi­sant par 3, on reste sur du 10 pages par seconde, soit 600 pages par minute, 3600 par heure… j’ai de la marge vu mes stats 😐

Charge supportée par OpenLiteSpeed
Charge suppor­tée par OpenLiteSpeed

Un retour rapide sur la bande passante : les 100Mbps que vous offrent les offres d’en­trée de gamme ne permettent pas des perfor­mances extra­or­di­naires. 100Mbps équi­valent à 12,5Mo. Pas à 100Mo.

Vous divi­sez la bande passante maxi­male par le poids de la page, et vous obte­nez grosso modo le nombre de pages que peut servir votre VPS en 1 seconde. 

Donc pour 100Mbps et une page de 500Ko : 12,5Mo / 0.5Mo vous ne servi­rez jamais plus de 25 pages par seconde. Si votre page pèse un bon Mo (ce n’est pas si rare), faites le calcul…

Théoriquement, parce que la bande passante n’est pas le seul facteur à prendre en compte. Le nombre de CPU, la puis­sance de chaque vCore, la mémoire, les disques, le temps de réponse du serveur… tout est impor­tant. D’où l’im­por­tance d’op­ti­mi­ser vos images et vos pages plus généralement.

Installer OpenliteSpeed sur votre VPS

Deux types d’ins­tal­la­tion sont possibles : soit un pack OpenLiteSpeed / PHP / MariaDB / WordPress via le script ols1clk.sh, sans Cyberpanel, mais il va nous manquer des briques logi­cielles telles qu’un serveur DNS, un serveur FTP et un serveur d’emails, ou via CyberPanel, avec tout ce dont nous avons besoin pour un serveur complet. Tout dépend de vos attentes.

Installer OpenLiteSpeed sans CyberPanel

OpenLiteSpeed n’est pas gour­mand, il doit tour­ner sur un 80486 ou un PowerPC G4 (mais si, vous trou­ve­rez un vieux PC à écran catho­lique catho­dique dans le placard à grand-papa pour tester) avec 32Mo de RAM (la norme était plutôt de 4 voire de 8Mo) et un disque de 500Mo avec un système d’ex­ploi­ta­tion vague­ment récent (15 à 20 ans) de type *nix : Unix, Linux, FreeBSD, Solaris, MacOS (au choix : Debian 4+, Ubuntu 8.04+, CentOS 5+, SunOS 5.8+, FreeBSD 4.5+, MacOS 10.3+). Mais bon, atten­tion, c’est la confi­gu­ra­tion mini­male, vous n’irez pas très loin avec, et ne comp­tez pas instal­ler MySQL et un serveur FTP…

On va dire qu’à minima, un bon vieux Pentium avec 8Go de RAM et un SSD premier prix voire un SATA avec 5Go feront large­ment l’af­faire et une carte Ethernet 100Mbps, si vous ne voulez pas prendre un VPS (1vCore / 2Go / 100Mbps suffisent pour tenter l’aven­ture, mais je vous recom­mande 2 vCores / 4Go de RAM / 200Mbps si vous faites une instal­la­tion qui doit accueillir votre site en production).

Mais quelle que soit la solu­tion rete­nue, n’ou­bliez pas qu’il faut une instal­la­tion fraîche de votre distri­bu­tion linux, sous peine de rencon­trer des inco­hé­rences lors de l’ins­tal­la­tion d’OpenliteSpeed.

Nous allons suivre l’ins­tal­la­tion sur une distri­bu­tion Debian / Ubuntu. Debian 9, 10, Ubuntu 18, 20… peu importe, la procé­dure est la même.

Une fois logué, en tant qu’ad­mi­nis­tra­teur ou sous votre iden­ti­fiant, vous devrez passer en root ou utili­ser la commande su, ce qui revient au même.

Ensuite, une commande suffit :

wget --no-check-certificate https://raw.githubusercontent.com/litespeedtech/ols1clk/master/ols1clk.sh && bash ols1clk.sh -w

Vous devrez répondre, par Y si vous souhai­tez poursuivre :

lancement du script ols1clk.sh
lance­ment du script ols1clk.sh

Quelques minutes plus tard, votre écran va afficher :

installation via ols1clk.sh terminée
instal­la­tion via ols1clk.sh terminée

Voilà, c’est terminé. Vous n’avez pas eu trop mal ? Non ? Alors récu­pé­rons les mots de passe :

cat /usr/local/lsws/password

Les mots de passe sont en clair, entou­rés par des crochets :

Mots de passe OpenLiteSpeed
Mots de passe OpenLiteSpeed

L’identifiant et le pot de passe WebAdmin vous permettent d’ac­cé­der à la console d’OpenLiteSpeed (et ne rêvez pas, ce sont les iden­ti­fiants géné­rés aléa­toi­re­ment pendant mes tests, le serveur a été réins­tallé n fois +1 depuis).

Vous pouvez person­na­li­ser l’ins­tal­la­tion en rensei­gnant chaque option dans la ligne de commande (l’aide pour­rait être utile, elle est acces­sible via la commande bash ols1clk.sh --help) :

Options d'ols1clk.sh
Options d’ols1clk.sh

Donc pour instal­ler WordPress en fran­çais depuis la ligne de commande, en rensei­gnant votre nom de domaine, vous lance­rez plutôt :

wget --no-check-certificate https://raw.githubusercontent.com/litespeedtech/ols1clk/master/ols1clk.sh && bash ols1clk.sh --wplang fr_FR --wordpressplus mondomaine.com

Vous pouvez égale­ment instal­ler OpenLiteSpeed dans un contai­ner Docker, vous trou­ve­rez des images et les instruc­tions néces­saires sur le site offi­ciel de LiteSpeed.

Installer CyberPanel (avec OpenLiteSpeed)

CyberPanel intro­duit des contraintes en termes de distri­bu­tions Linux compa­tibles : CentOS 7 & 8 (mais que nous allons lais­ser de côté, vu que même CentOS 8 n’est plus main­tenu depuis le 9 avril 2021) et Ubuntu 18 & 20. Nous pouvons partir sur une Ubuntu Server 20.04.2 LTS (Long Term Support) qui sera main­te­nue jusqu’en avril 2025. À toutes fins utiles, vous pouvez la télé­char­ger ici : Get Ubuntu Server.

Une fois votre distri­bu­tion instal­lée, loguez-vous et prenez le contrôle avec su. Il n’y a pas grand chose à faire, juste lancer cette ligne de commande :

sh <(curl https://cyberpanel.net/install.sh || wget -O - https://cyberpanel.net/install.sh)

Vous aurez à répondre à quelques ques­tions, mais vous devriez vous en sortir :

Installation de CyberPanel avec OpenLiteSpeed
Installation de CyberPanel avec OpenLiteSpeed

Il ne reste plus qu’à attendre la fin de l’ins­tal­la­tion, plus ou moins long­temps en fonc­tion de votre VPS.

Fin d'installation - CyberPanel
Fin d’ins­tal­la­tion – CyberPanel

il ne vous reste plus qu’à relan­cer le serveur, tout est main­te­nant en place.

Mise à jour d’OpenLiteSpeed

Nous allons quand même mettre à jour OpenLiteSpeed (de la version 1.6.21 à la version 1.7.10), il y a quelques amélio­ra­tions dont je veux bien profiter.

Nous allons d’abord mettre actua­li­ser le fichier de dépôt debian :

wget -O - http://rpms.litespeedtech.com/debian/enable_lst_debian_repo.sh | sudo bash

Ensuite, ouvrez le fichier lst_debian_repo.list avec vim :

vim /etc/apt/sources.list.d/lst_debian_repo.list

Décommentez la seconde ligne (x pour suppri­mer le # puis :x pour enre­gis­trer et sortir). Puis lancez cette ligne de commande :

apt update && apt upgrade

Une fois la mise à jour termi­née, rendez-vous dans les outils d’ad­mi­nis­tra­tion d’OpenLiteSpeed :

cd /usr/local/lsws/admin/misc

Puis lancez une commande pour défi­nir l’iden­ti­fiant et le mot de passe de la console web d’OpenLiteSpeed :

./admpass.sh

Voilà, le système est en place, et à jour, vous accé­dez à CyberPanel sur le port 8090 et après avoir ajouté une règle au pare-feu, vous accè­de­rez à l’in­ter­face d’ad­mi­nis­tra­tion d’OpenLiteSpeed via le port 7080.

Il ne reste plus qu’à confi­gu­rer l’en­semble avant de profi­ter plei­ne­ment de votre nouveau serveur.

En tout premier lieu, instal­lez le pare-feu (CSF) ainsi que ModSecurity. Les deux sont acces­sibles dans l’on­glet Sécurité de l’in­ter­face (menu laté­ral gauche), et s’ins­tallent en un clic.

Ajoutez le port 7080 à la liste des ports auto­ri­sés, vous en aurez besoin pour accé­der à la console OpenLiteSpeed.

CyberPanel - CSF (pare-feu)
CyberPanel – CSF (pare-feu)

Voilà, vous avez un serveur web complet (web / ftp / emails) confi­guré, prêt à servir ! Il ne reste plus qu’à créer votre premier domaine, à ajou­ter un accès FTP si besoin, un email…

Le mot de la fin

J’ai redé­cou­vert OpenLiteSpeed en cher­chant des solu­tions alter­na­tives à Plesk, que j’uti­lise depuis quelques années déjà.

Vais-je moi-même passer à OpenLiteSpeed ? Oui, sans hési­ter ! Pour le moment, c’est plus une ques­tion de temps dispo­nible et de prio­ri­tés qui me retient. 

D’autant que confi­gu­rer un serveur pour un site en produc­tion ne s’im­pro­vise pas, mais je revien­drai vers vous pour vous faire part de cette nouvelle aven­ture… une fois que je l’au­rai menée à bien.

Et vous, allez-vous tenter OpenLiteSpeed, avec ou sans CyberPanel ? Ou peut-être avez-vous déjà migré vers ce serveur web… Pour parta­ger votre expé­rience, direc­tion les commentaires !

Les chiffres clés : 

  • 26 réponses au sondage dans Fans de WordPress sur Facebook
  • 20 instal­la­tions / réins­tal­la­tions de la distri­bu­tion, d’OpenLiteSpeed, de CyberPanel, d’aaPanel… ou peut-être plus
  • 40 heures, à la louche (entre les recherches, les tests et la rédaction)
  • 150 révi­sions (avec l’en­re­gis­tre­ment auto­ma­tique désactivé)
  • 120 tasses de café (ou peut-être plus) – merci à ma cafe­tière napo­li­taine trouvé sur un stand de brocante 😉

Certains liens de cet article sont des liens affi­liés ; c’est à dire que si vous ache­tez en suivant un des liens de cet article, vous ne paie­rez pas plus cher, et moi je touche­rai éven­tuel­le­ment une petite commission.

Si vous avez trouvé une faute d’orthographe, veuillez nous en infor­mer en sélec­tion­nant le texte en ques­tion et en appuyant sur Ctrl + Entrée .

S’abonner
Notifier de
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
View all comments

Abonnez-vous à la
newsletter

Pour être informé à chaque fois qu'un nouvel article est publié.

Merci !

Quelque chose s'est mal passé…

Retour haut de page

Rapport de faute d’orthographe

Le texte suivant sera envoyé à nos rédacteurs :

Les cookies que nous utilisons sont indispensables au bon fonctionnement de ce site. Il n'y a aucun pistage publicitaire et les données statistiques recueillies sont anonymisées.
J'ai compris
Privacy Policy