Héberger son site WordPress sur un VPS OVH

Cet article prend 9 minutes à lire et comporte 2030 mots.

Optimiser un site passe par un hébergement performant. Pour vous affranchir des contraintes liées aux offre mutualisées, pourquoi ne pas tenter le VPS ?

Optimiser votre site web (qu’il s’agisse d’un blog, d’une boutique en ligne ou de quelque type de site que ce soit) néces­site un héber­ge­ment perfor­mant. Sans quoi, toutes les opti­mi­sa­tions que vous effec­tue­rez n’au­ront qu’un effet très limité.

Vous trou­ve­rez des offres mana­gées pour WordPress très perfor­mantes chez WP Serveur ou chez pressable.com par exemple, pour un tarif mensuel de plus ou moins 20 € HT. Vous n’au­rez à vous occu­per de rien (au niveau serveur), les perfor­mances seront au rendez-vous.

Par contre, vous serez limi­tés en termes de trafic (et chaque héber­geur à ses propres règles de calcul), vous n’au­rez pas la moindre possi­bi­lité de person­na­li­ser votre instal­la­tion et vous ne pour­rez instal­ler qu’un nombre limité de blogs (ou de sites) – géné­ra­le­ment un seul.

Ou alors, vous accep­tez de mettre (un peu) les mains dans le cambouis et vous optez pour un VPS. Avec à la clé des perfor­mances accrues, la possi­bi­lité de person­na­li­ser votre instal­la­tion pour qu’elle réponde au mieux à vos besoins et une meilleure maîtrise des coûts.

Ce blog par exemple est hébergé sur un VPS OVH, et côté perfor­mances, voyez plutôt :

Mon secret ? Un VPS SSD, Plesk pour la gestion du serveur, un serveur web NGINX, MariaDB et PHP 7, un CDN (en sous-domaine sur le VPS). Coût mensuel : 7 € TTC.

Le prix est effec­ti­ve­ment un peu plus élevé que celui d’un héber­ge­ment mutua­lisé d’en­trée de gamme, mais ce surcoût est compensé par des perfor­mances qui elles, sont sans commune mesure – et vous pouvez payer votre VPS au mois par mois quand les héber­ge­ments mutua­li­sés sont la plupart du temps payables à l’an­née.

Vous voulez tenter l’ex­pé­rience ? Allons‑y ! En premier lieu, il va falloir…

Choisir son VPS

Deux héber­geurs proposent une offre VPS incluant Plesk (avec une licence Web Admin permet­tant de gérer 10 domaines) : Nuxit et OVH (Plesk Web Admin est gratuit pour les offres Cloud et coûte 1€99 HT pour l’offre SSD).

D’autres héber­geurs proposent proba­ble­ment des offres simi­laires, mais ils ne commu­niquent pas dessus – si vous avez connais­sance d’une telle offre ailleurs, n’hé­si­tez pas à la faire connaître via les commen­taires.

J’ai person­nel­le­ment choisi OVH pour une ques­tion de coût unique­ment – si vous n’êtes pas à l’aise avec la tech­nique, préfé­rez Nuxit dont le support est plus réac­tif. Mais c’est l’ins­tal­la­tion et la confi­gu­ra­tion sur un VPS OVH que je vous présente.

Lors de la commande de votre VPS chez OVH ou chez Nuxit, vous aurez la possi­bi­lité de choi­sir un système Linux avec Plesk préins­tallé, mais vous pour­rez égale­ment opter pour une distri­bu­tion nue et y instal­ler Plesk manuel­le­ment – et de fait, vous pour­rez instal­ler manuel­le­ment Plesk sur quelque VPS que ce soit et l’ac­ti­ver en ache­tant une clé de licence direc­te­ment sur le site de l’édi­teur.

Installer Plesk sur un VPS

L’ensemble des opéra­tions décrites ci-dessous inter­vient après que vous ayez reçu un email de la part d’OVH vous indi­quant que votre VPS est opéra­tion­nel. Cet email contient toutes les données tech­niques néces­saires pour vous connec­ter au VPS via une console SSH.

L’installation manuelle se fait sur VPS « vierge », à partir d’une console SSH. Si vous n’êtes pas fami­lier avec le mode console de Linux, optez pour une des deux distri­bu­tions incluant Plesk.

Installation manuelle de Plesk sur Debian 9 stable

Commencez par télé­char­ger PuTTY. Vous trou­ve­rez un guide d’uti­li­sa­tion de ce logi­ciel sur OVH : Utilisation de Putty sur Windows.

Lancez PuTTY, rensei­gnez l’hôte, le port, ouvrez une session et identifiez-vous.

En tout premier lieu, je vous conseille de rajou­ter contrib non-free à la fin de chaque ligne du fichier /etc/apt/sources.list – vous évite­rez ainsi de plan­ter l’ins­tal­la­tion parce qu’un compo­sant système requis par Plesk n’est pas dispo­nible dans le dépôt prin­ci­pal. Ouvrez le fichier avec l’édi­teur Vi : vi /etc/apt/sources.list.

Les commandes à connaître pour effec­tuer cette opéra­tion : i permet d’in­sé­rer du texte et :x permet de sauve­gar­der et de ressor­tir du fichier.

deb http://ftp.debian.org/debian/ jessie main contrib non-free
deb http://security.debian.org/ jessie/updates main contrib non-free

Procédez ensuite à une mise à jour du système :

apt-get update
apt-get upgrade

Vous pour­rez ensuite télé­char­ger Plesk et lancer l’ins­tal­la­tion :

wget https://installer.plesk.com/plesk-installer
chmod +x ./plesk-installer
sh ./plesk-installer

Voilà, c’est terminé, vous aurez en fin d’ins­tal­la­tion un message vous indi­quant l’url de votre inter­face d’ad­mi­nis­tra­tion Plesk : https://xxx.xxx.xxx.xxx:8443 ou https://vps999999.ovh.net:8443 pour affi­cher l’écran d’ac­cueil :

Écran de connexion Plesk
Écran de connexion Plesk

Mais avant de pouvoir utili­ser Plesk, vous allez avoir à…

Commander une licence Plesk

Que vous ayez à payer ou non pour la licence, il vous faudra la comman­der. Rendez-vous dans votre inter­face OVH, cliquez sur Dédié ou sur Cloud (barre de menu) puis sur Licences (menu laté­ral à gauche).

Commander une licence Plesk
Commander une licence Plesk

Vous aurez ensuite à choi­sir le VPS sur lequel vous souhai­tez instal­ler la licence, avant de sélec­tion­ner Odin | Plesk

Sélection de la licence Plesk
Sélection de la licence Plesk

… puis le type de licence à comman­der (je vous recom­mande d’op­ter pour Plesk Onyx, la dernière version) :

Choix de la licence Plesk
Choix de la licence Plesk

Dès que vous aurez reçu votre clé de licence (par email), rendez-vous sur l’écran de connexion de Plesk (les iden­ti­fiants sont iden­tiques à ceux utili­sés pour l’ac­cès SSH), puis suivez la procé­dure d’en­re­gis­tre­ment.

Vous serez redi­rigé vers la page d’ac­cueil par défaut :

Plesk - Sites Web & Domaines
Plesk – Sites Web & Domaines

C’est à partir de cette page que vous allez gérer l’es­sen­tiel de votre serveur.

L’interface est intui­tive, ajou­ter un nouveau domaine, une base de données, instal­ler un certi­fi­cat Let’s Encrypt (pour passer votre site en https) devient un jeu d’en­fant.

Configurer la messagerie

Pour que vos emails ne finissent pas dans le dossier spam de vos corres­pon­dants, il est indis­pen­sable de mettre en place quelques proto­coles de sécu­rité : SPF, DMARC et DKIM. Rassurez-vous, ce n’est pas doulou­reux 😉

Cliquez dans le menu laté­ral gauche sur Outils & Paramètres, puis sur Paramètres du serveur de messa­ge­rie dans Mail.

Vérifiez que le serveur de messa­ge­rie soit bien activé, puis cochez les cases comme indi­qué dans la capture d’écran :

Configurer la messagerie
Configurer la messa­ge­rie

Ces réglages vaudront pour tous les comptes de messa­ge­rie que vous crée­rez via l’in­ter­face Plesk.

Automatiser la gestion du VPS

En confi­gu­rant les mises à jours auto­ma­tiques dans Plesk, vous n’au­rez plus à vous soucier de votre serveur avant long­temps.

Cliquez dans le menu laté­ral gauche sur Outils & Paramètres, puis tout à droite, sur Mises à jour système dans Gestion des serveurs.

Cochez ensuite les cases comme indi­qué dans la capture d’écran ci-dessous :

Mise à jour Plesk - Configuration
Mise à jour Plesk – Configuration

Votre serveur est confi­guré, mais ce n’est pas encore fini. Avant de mettre votre blog ou votre site web en ligne, il faut aussi…

Configurer l’hébergement

Rassurez-vous, ce n’est ni long, ni compli­qué. La capture d’écran ci-dessous réper­to­rie les points essen­tiels à confi­gu­rer.

Configuration de l'hébergement
Configuration de l’hé­ber­ge­ment
Plesk permet de géné­rer auto­ma­ti­que­ment un mot de passe fort pour les utili­sa­teurs (domaine, base de données, email). Si vous utili­sez ce géné­ra­teur, veillez à affi­cher votre mot de passe avant de vali­der. Vous aurez sinon à le chan­ger – et à l’af­fi­cher illico.

Première étape…

Ajouter un domaine

Une fois iden­ti­fié sous Plesk, vous arri­vez direc­te­ment sur la page Sites Web & Domaines. Cliquez, en haut à gauche, sur Ajouter un domaine (1).

Dans la page qui s’af­fiche, rensei­gnez le nom de domaine.

Ne touchez pas au para­mètre Emplacement des fichiers du site Web, il défi­nit l’es­pace web dans lequel vous dépo­se­rez tous vos fichiers par FTP ou SFTP.

Pour accé­der à votre espace FTP, vous avez besoin de créer un utili­sa­teur. Vous pouvez le nommer à votre guise (sans accents ni carac­tères spéciaux).

Ajout d'un domaine
Ajout d’un domaine

Créer la base de données

Cliquez sur Ajouter une base de données (2).

Renseignez le nom de la base de données. Conservez le préfixe proposé, si vous avez à rajou­ter des bases ulté­rieu­re­ment, vous aurez une cohé­rence dans phpMyAdmin.

Créez égale­ment un utili­sa­teur par base de données, afin de ne pas compro­mettre l’en­semble des bases en cas de faille de sécu­rité.

Ajout d'une base de données
Ajout d’une base de données

Pour accé­der à la base de données que vous venez de créer, cliquez sur Base de données (à gauche du point 2 – capture d’écran « Configuration de l’hé­ber­ge­ment »).

Administration d'une base de données avec phpMyAdmin
Administration d’une base de données avec phpMyAdmin

Remarquez au passage que vous pouvez impor­ter / expor­ter direc­te­ment la base de données sans passer par phpMyAdmin – direc­te­ment depuis l’in­ter­face Plesk.

N’oubliez pas de chan­ger les données rela­tives à la base de données dans le fichier wp-config.php.

Configurer le serveur web

Apache ou Nginx ? Sous Plesk, vous avez le choix. Apache est sans conteste le mieux docu­menté des serveurs web, et celui qui peut le plus, en termes de fonc­tion­na­li­tés.

Mais Nginx est plus perfor­mant et est parti­cu­liè­re­ment recom­mandé pour un site propulsé par WordPress – d’ailleurs tous les sites d’Automattic, dont wordpress.com et wordpress.org, tournent sous Nginx.

Et vu que nous n’au­rons pas à toucher à la confi­gu­ra­tion, pour­quoi ne pas l’uti­li­ser ?

Nous allons procé­der en deux étapes : tout d’abord, il faut choi­sir le serveur dans Paramètres PHP (3).

Paramètres PHP
Paramètres PHP

Après avoir sélec­tionné Application PHP servie par Nginx, ajus­tez les valeurs dans Paramètres des perfor­mances. Validez en cliquant sur OK.

Cliquez ensuite sur Paramètres d’Apache et Nginx (4).

Descendez en bas de page jusqu’à trou­ver Directives supplé­men­taires Nginx et insé­rez le code suivant :

# enable gzip compression
gzip on;
gzip_min_length  1100;
gzip_buffers  4 32k;
gzip_types    text/plain application/javascript application/x-javascript text/xml text/css;
gzip_vary on;
# end gzip configuration

location ~* .(?:ico|css|js|gif|jpe?g|png|svg|woff)$ {
  expires 365d;
  add_header Pragma public;
  add_header Cache-Control "public";
}

if (!-e $request_filename)
{
  rewrite ^(.+)$ /index.php?q=$1 last;
}

Voilà, votre serveur Nginx est confi­guré, avec le support des perma­liens.

Créer une adresse email

Avoir une adresse person­na­li­sée @mondomaine.com donne un aspect plus profes­sion­nel à votre site. Avec Plesk, vous pour­rez créer autant d’adresses que vous voulez, et pour chaque adresse, ajou­ter des alias (un alias est une adresse alter­na­tive qui renvoie sur l’adresse primaire), redi­ri­ger vos emails vers une autre adresse email, et confi­gu­rer une réponse auto­ma­tique basique.

Cliquez sur Adresses email (5), puis, dans la page qui s’af­fiche, sur Créer une adresse mail.

Ajouter une adresse email
Ajouter une adresse email

Créez à minima un email de contact (contact est univer­sel, c’est le même mot en fran­çais et en anglais), éven­tuel­le­ment un second avec votre prénom ou votre nom.

Créer une adresse email
Créer une adresse email

Maintenant que vous avez confi­guré le serveur et mis en place l’hé­ber­ge­ment de votre site, il va falloir…

Migrer le site

Je vous recom­mande de trans­fé­rer vos fichiers par FTP et d’im­por­ter la base de données via PHPMyAdmin avant de chan­ger les DNS. Utilisez la prévi­sua­li­sa­tion pour véri­fier que tout est bien réglé avant de bascu­ler d’un héber­ge­ment à l’autre.

Aperçu du site web
Aperçu du site web

Il ne reste plus qu’à chan­ger les DNS et à attendre leur propa­ga­tion sur la toile. Dernière étape…

Installer un certificat SSL Let’s Encrypt

Le proto­cole https est un facteur impac­tant pour le réfé­ren­ce­ment par Google, et depuis janvier 2017, les sites non sécu­ri­sés sont « signa­lés » dans Chrome.

Chrome : http versus https
Chrome : http versus https

Cliquez sur Let’s Encrypt (6). Sécurisez le domaine prin­ci­pal, l’alias géné­rique (www) et le client de messa­ge­rie en ligne. Cliquez sur Installer – voilà, c’est terminé côté serveur.

Côté WordPress, vous avez deux méthodes :

  • soit vous enre­gis­trez l’url en base de données : rendez-vous dans l’in­ter­face d’ad­mi­nis­tra­tion de WordPress, dans Réglages > Général, rajou­tez un s entre http et les deux-points
Passer WordPress au https
Passer WordPress au https
  • soit vous insé­rez ces lignes dans le fichier wp-config.php ; :
    define('WP_HOME','https://example.com');
    define('WP_SITEURL','https://example.com');
    // forcer l'accès sécurisé à l'administration
    define ( 'FORCE_SSL_ADMIN' , true);
  • La deuxième solu­tion est plus perfor­mante : les données sont codées en dur et ne néces­sitent pas d’ap­pel en base de données, l’administration du site sera forcé­ment sécu­ri­sée, et en vous rendant dans Réglages > Général, vous remar­que­rez que les champs de l’adresse web sont en lecture seule (donc plus de risque de modi­fi­ca­tion intem­pes­tive).

    Les certi­fi­cats Let’s Encrypt ont une durée de vie de 3 mois, il sont renou­ve­lés auto­ma­ti­que­ment. Si le renou­vel­le­ment auto­ma­tique échoue, vous aurez un message vous deman­dant de renou­ve­ler le certi­fi­cat avant l’échéance.

    Let's Encrypt
    Let’s Encrypt
     Avant d’ef­fec­tuer cette opéra­tion, les DNS de votre site doivent poin­ter vers votre VPS.

    Le petit verrou vert n’ap­pa­raît pas après instal­la­tion du certi­fi­cat Let’s Encrypt ? Vous avez proba­ble­ment  du contenu non sécu­risé sur vos pages. Pour le trou­ver, aidez-vous d’ou­tils en ligne tels que SSL Check ou Why No Padlock.

    Si votre site n’était pas en https jusqu’à main­te­nant, il faut égale­ment décla­rer une nouvelle propriété dans Google Search Console (ancien­ne­ment Google Webmaster Tools) et modi­fier le proto­cole utilisé dans Google Analytics :

    Protocole https dans Google Analytics
    Protocole https dans Google Analytics

    En conclusion

    VPS ou héber­ge­ment mutua­lisé ? Comme vous avez pu le consta­ter, la mise en œuvre d’un VPS est effec­ti­ve­ment un peu plus longue et un peu plus complexe, mais elle reste réali­sable malgré tout, grâce à Plesk.

    Avec un gain de perfor­mances qui frise l’in­dé­cence 😉 et qui justi­fie l’in­ves­tis­se­ment finan­cier et tech­nique que demande le VPS.

    Et vous, êtes-vous déjà passé au VPS, ou allez-vous y passer ?

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